Rapport de gestion

Évolution de la situation économique et perspectives

Évolution de la situation économique en 2018 et perspectives pour 2019

L’économie canadienne a connu une croissance modérée en 2018, après une période de robuste expansion en 2017. Les dépenses de consommation ont fléchi sous l’effet d’une hausse des taux d’intérêt, du niveau d’endettement élevé des ménages et du ralentissement de la croissance de l’emploi. L’activité du marché de l’habitation a chuté au cours du premier semestre du fait du resserrement de la réglementation en matière de prêts hypothécaires, bien que les marchés dans la plupart des régions se soient stabilisés durant le second semestre en raison de la croissance démographique qui a atteint un taux inégalé en 27 ans, résultat d’une immigration nette record. Les investissements des entreprises ont repris de la vigueur au début de l’année, mais ont fléchi par la suite, en raison des inquiétudes grandissantes à l’égard du protectionnisme commercial. Après des résultats décevants en 2017, la croissance des exportations s’est accélérée sous l’effet de la progression de la demande aux États-Unis, de la vigueur de l’économie mondiale et de la valeur relativement faible du dollar canadien en regard du dollar américain. La Banque du Canada a relevé son taux directeur de 125 points de base au cours d’une période de 16 mois qui s’est terminée en octobre 2018, et une hausse additionnelle de 75 points de base est attendue avant la fin de 2019. Après avoir enregistré en 2017 une progression du PIB de 3,0 % qui surpassait celle de tous les autres pays du G7, le Canada devrait voir son taux de croissance économique faiblir en 2018 et en 2019, et s’établir respectivement à 2,1 % et à 2,0 %, ce qui demeurera légèrement au-dessus du taux de croissance potentiel de l’économie canadienne à long terme. Le taux de chômage devrait fléchir légèrement avant la fin de 2019 et s’établir à 5,6 %, son plus bas niveau en 45 ans, alors qu’il était de 5,8 % en octobre 2018. On s’attend à ce que la croissance du crédit à la consommation à l’échelle du secteur d’activité, estimée à 4,7 % en 2018, ralentisse et s’établisse à 3,2 % en 2019. La croissance des prêts hypothécaires à l’habitation devrait être moins prononcée et passer sous la barre des 4 % pour 2018 et 2019, sous l’effet de l’augmentation des coûts d’emprunt et du resserrement de la réglementation en matière de prêts hypothécaires. Il s’agirait du rythme de croissance le plus lent enregistré depuis 2001. On s’attend à ce que la croissance des prêts aux entreprises non financières, estimée à 6,2 % en 2018, ralentisse et s’établisse à 5,6 % en 2019, ce qui constitue tout de même un taux appréciable. Du fait qu’il élimine un élément de risque auquel l’économie canadienne était exposée, le nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada, s’il est ratifié par le Parlement de chacun des pays, devrait favoriser une hausse des dépenses d’entreprise et une légère augmentation de la valeur du dollar canadien, qui devrait se négocier autour de 0,78 $ US d’ici la fin de 2019.

Aux États-Unis, la croissance de l’économie s’est raffermie en 2018, sous l’effet des politiques budgétaires expansionnistes. La mise en œuvre de la déréglementation et de la réforme fiscale, laquelle prévoyait une réduction importante des taux d’imposition des sociétés, a entraîné une progression soutenue des investissements des entreprises. Les dépenses de consommation sont demeurées solides en raison des réductions de l’impôt sur le revenu des particuliers, de la vigoureuse croissance de l’emploi et de la richesse des ménages qui a atteint un niveau record. Cependant, le marché de l’habitation a ralenti sous l’effet de l’augmentation des coûts d’emprunt et de la hausse des prix des propriétés qui ont érodé l’abordabilité de ces dernières. Malgré l’appréciation du dollar américain, les exportations ont repris de la vigueur en raison d’une demande mondiale robuste. Après être passée de 2,2 % en 2017 à un taux estimé à 2,9 % en 2018, la croissance du PIB réel devrait ralentir et s’établir à 2,5 % en 2019, en raison de la hausse des taux d’intérêt et de la réduction des mesures de relance budgétaire. On s’attend à ce que l’expansion économique soutenue ramène le taux de chômage à 3,5 %, son plus bas niveau en 49 ans, d’ici la fin de 2019, alors qu’il était de 3,7 % en octobre 2018. La Réserve fédérale devrait annoncer une hausse de 75 points de base supplémentaires à ses taux directeurs avant la fin de 2019. L’augmentation des coûts d’emprunt entraînera vraisemblablement un ralentissement de la croissance du crédit à la consommation à l’échelle du secteur d’activité, qui devrait passer d’un taux estimé à 3,9 % en 2018 à 3,7 % en 2019, tandis que la croissance des prêts hypothécaires à l’habitation devrait fléchir et passer de 3,9 % à 3,8 %. Le ralentissement de la croissance des dépenses d’entreprise devrait entraîner un fléchissement de la croissance des prêts aux entreprises non financières qui devrait s’établir à 5,8 % en 2019, ce qui demeure tout de même un taux appréciable. Les principaux risques susceptibles d’avoir une incidence sur les perspectives économiques américaines ont trait au protectionnisme commercial, aux tensions géopolitiques et à la possibilité d’une hausse de l’inflation. Bien qu’il soit peu probable que les tarifs imposés jusqu’à présent entraînent un ralentissement marqué de l’économie, l’adoption de nouvelles mesures protectionnistes pourrait restreindre davantage les perspectives de croissance et mener à une hausse du taux de chômage.

La région du Midwest, qui comprend les six États contigus où BMO est présent, a bénéficié de la progression de l’activité économique et du dynamisme du secteur manufacturier à l’échelle nationale et mondiale. On s’attend à ce que la croissance du PIB de la région, qui était de 1,0 % en 2017, s’améliore et s’établisse à 2,1 % en 2018 et à 1,9 % en 2019. Cependant, le taux de croissance enregistré dans cette région continuera sans doute d’accuser un certain retard par rapport au taux de croissance à l’échelle nationale en raison du ralentissement de la croissance démographique, de la diminution de la production automobile en Indiana et du maintien des contraintes budgétaires en Illinois.

La section Évolution de la situation économique et perspectives renferme des déclarations prospectives. Voir la mise en garde concernant les déclarations prospectives.


Croissance du produit intérieur brut réel (%)

L’économie américaine devrait croître à un rythme un peu plus rapide que l’économie canadienne en 2019.

Croissance du produit intérieur brut réel

Canada

  • 2016 : 1,4 %
  • 2017 : 3,0 %
  • 2018 : 2,1 %
  • 2019 : 2,0 %

États-Unis

  • 2016 : 1,5 %
  • 2017 : 2,2 %
  • 2018 : 2,9 %
  • 2019 : 2,5 %

Taux de chômage au Canada et aux États-Unis (%)

Les taux de chômage au Canada et aux États-Unis devraient continuer de fléchir légèrement.

Taux de chômage au Canada et aux États-Unis

Canada

  • Janv. 2017 : 6,7 %
  • Oct. 2017 : 6,4 %
  • Oct. 2018 : 5,8 %
  • Oct. 2019 (Prévision) : 5,6 %

United States

  • Janv. 2017 : 4,8 %
  • Oct. 2017 : 4,1 %
  • Oct. 2018 : 3,7 %
  • Oct. 2019 (Prévision) : 3,5 %

Mises en chantier (en milliers) – ralentir légèrement au Canada, se raffermir quelque peu aux États-Unis

L’activité sur le marché de l’habitation devrait ralentir légèrement au Canada, mais se raffermir quelque peu aux États-Unis.

Inflation de l’indice des prix à la consommation (%)

L’inflation devrait demeurer faible.

Inflation de l’indice des prix à la consommation

Canada

  • 2016 : 1,4 %
  • 2017 : 1,6 %
  • 2018 : 2,2 %
  • 2019 (Prévision) : 1,8 %

États-Unis

  • 2016 : 1,3 %
  • 2017 : 2,1 %
  • 2018 : 2,4 %
  • 2019 (Prévision) : 2,1 %

Taux d’intérêt au Canada et aux États-Unis (%)

Les banques centrales devraient continuer à relever lentement leur taux directeur.

Taux d’intérêt au Canada et aux États-Unis

Taux à un jour au Canada

  • Janv. 2017 : 0,50 %
  • Oct. 2017 : 1,00 %
  • Oct. 2018 : 1,60 %
  • Oct. 2019 (Prévision) : 2,50 %

Taux des fonds fédéraux aux États-Unis

  • Janv. 2017 : 0,63 %
  • Oct. 2017 : 1,13 %
  • Oct. 2018 : 2,13 %
  • Oct. 2019 (Prévision) : 2,63 %

Cours de change du dollar canadien en dollar américain – Janv. 2017 : 1,32; Oct. 2017 : 1,26; Oct. 2018 : 1,30; Oct. 2019 (Prévision) : 1,29

Le dollar canadien devrait s’apprécier légèrement en 2019.

Les données constituent des moyennes mensuelles, trimestrielles ou annuelles, selon le cas. Les références aux années ont trait aux années civiles.