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Discours

Notes pour une allocution de M. Jacques Ménard, président de BMO Groupe financier, Québec, lors des 6es rencontres Finance France-Québec
 

Paris, France, le 29 janvier 2015
 

(À vérifier au moment de l’allocution)

Monsieur Pierre Maynard, Président de la Chambre de commerce Canada-France,

Son Excellence, l’Ambassadeur du Canada en France, cher Lawrence,

Monsieur Éric Lemieux, Directeur général de Finance Montréal et du Centre financier international de Montréal,

Distingués invités de la table d’honneur,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis,

Merci de votre accueil.

Je suis très heureux de voir réunis ici des amis du Québec et de rencontrer peut-être même un lointain parent, un lointain « cousin » comme on dit souvent entre Français et Québécois. Mais cette fois, le mot est tout à fait à propos.

Monsieur le Président de la Chambre de commerce Canada-France. Nos noms ont la même consonance.

Or, les variantes1 de notre nom sont nombreuses, et il est tout à fait probable que  nos racines se croisent. En cela, notre intérêt commun pour la vitalité de nos échanges serait peut-être héréditaire!

Quoi qu’il en soit, merci, pour l’organisation de ces 6es rencontres Finance France-Québec. Elles sont devenues un lieu privilégié de rapprochement entre nos pays et nos entreprises.

C’est pour moi un très grand plaisir d’être ici avec vous.

Pour un Québécois, venir en France n’est jamais banal. Il y a toujours un moment au cours du voyage où une pensée nous traverse l’esprit : il en fallait du courage pour affronter les éléments et s’installer sur ces quelques arpents de neige, pour reprendre le célèbre mot de Voltaire.

Plus de 400 ans ont passé et le français est toujours bien vivant en terre d’Amérique. Nous en sommes fiers, comme nous sommes fiers de cette amitié précieuse qui nous lie à la France et à son peuple.

Et dans cette relation qui porte l’histoire autant que l’avenir, l’axe Paris-Montréal est central.

***

Aujourd’hui, je vais partager avec vous quelques observations sur l’économie canadienne et je m’intéresserai tout particulièrement à la situation du Grand Montréal, comme place financière et surtout comme porte d’entrée en Amérique du Nord pour des entreprises françaises.

J’aborderai également la manière de stimuler l’économie et de bâtir ensemble des sociétés plus prospères.

Mon propos s’inscrit ainsi dans le contexte de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne, qui doit désormais être ratifié par les parlements des 28 pays membres de l’Union. Quelques points sont encore en discussion, notamment sur le mécanisme de règlement des différends, mais l’objectif demeure une entrée en vigueur en 2016.

Je vous parle aujourd’hui à différents titres.

Celui de président de BMO Groupe financier Québec qui a pour cœur la Banque de Montréal. C’est la plus vieille banque au Canada et elle aura 200 ans en 2017. Notre groupe très diversifié est présent partout en Amérique du Nord, dispose d’un bureau à Paris, et totalise un actif de plus de 415 milliards d’euros.

Je suis aussi, et depuis peu, président du conseil d’administration de Montréal International. C’est un regroupement de centaines de partenaires, incluant des municipalités, des gouvernements, des entreprises et des institutions. Tous se donnent la main pour mieux promouvoir le Grand Montréal sur la scène internationale et accompagner de manière stratégique vos entreprises, dans leur volonté de grandir en Amérique.

Et je suis avant tout un citoyen, qui croit qu’on doit s’engager au bénéfice de sa communauté. Je crois profondément que vivre en société signifie que notre bien-être est lié à celui de notre voisin.

Voilà un peu ce qui m’anime.

***

Nous vivons à une époque tourmentée.

Les terribles événements de Charlie Hebdo et de la porte de Vincennes ont retenti chez nous aussi. Lorsque la France est frappée au cœur, le Québec ressent sa douleur, croyez-moi.

Nous avons partagé l’effroi de nos amis français. Et nous avons été émus par l’ampleur de la mobilisation du 11 janvier. C’est la France qui a donné au monde la lumière de la liberté et elle continue de porter ce flambeau. Merci à la France.

Il faut oser continuer, oser la liberté, parce que tout repli, tout recul serait une concession. Il faut aussi, sans naïveté mais sans amalgame, oser la main tendue plutôt que le poing levé.

Je le dis en pensant à ce qui s’est produit ici, mais aussi en pensant à la menace qui a surgi chez nous, près de Montréal et à Ottawa, et qui a coûté la vie à deux soldats.

Il nous faut aussi combattre les inégalités et l’exclusion, qui sont parties de l’équation, et travailler ensemble à une plus grande prospérité que nous devrons mieux partager.

En ce sens, cette entente entre le Canada et l’Union européenne est porteuse d’avenir. C’est un geste d’ouverture entre des pays qui ont des valeurs communes. C’est à sa face même une forme de plaidoyer pour la liberté et la prospérité.

Par le Canada qui a un libre accès au marché américain, cette entente devient un rapprochement entre deux continents. Deux continents frères, liés par l’histoire.

Ce que nous voyons naître, c’est une communauté atlantique qui défend des principes de progrès. En réunissant ces marchés, nous offrons des opportunités de croissance à nos entreprises; nous créons de nouveaux corridors d’affaires et de coopération; et nous créons une sorte de contrepoids pour une saine concurrence face à la montée des pays émergents.

Bien sûr, nous ne connaîtrons pas de croissance « à la chinoise », mais nous allons prospérer et mieux encore. Par nos économies avancées, nos centres de recherche, nos universités, nous sommes porteurs d’innovations économiques et sociales qui seront bénéfiques pour nos sociétés et utiles à d’autres pays et continents. Nous avons beaucoup à faire ensemble et à apporter au monde. 

L’étude commune Canada-Union européenne qui a été le prélude aux négociations, évaluait que l’Accord entraînerait une augmentation de 20 % des échanges bilatéraux.

Le président de la République, M. Hollande, en visite chez nous en novembre dernier a d’ailleurs réitéré l’appui de la France à cet accord en souhaitant sa ratification rapide.

Devant le parlement canadien, une première depuis le président Mitterrand en 1987, il a rappelé que la France était tout à la fois le 8e fournisseur et le 9e client du Canada, signe de la vigueur des liens actuels et du potentiel d’essor.2

À l’Assemblée nationale du Québec, le lendemain, M. Hollande précisait que la France était le premier investisseur étranger au Québec. Faisant écho aux liens uniques entre la France et le Québec, il ajoutait : « Nous ne devrions même pas figurer dans ce classement, même en première place », parce que « les Français ne sont pas étrangers au Québec. »3 Il a raison.

***

Réciproquement, le marché européen est alléchant pour nous. Mises ensemble, les importations annuelles des 28 pays de l’Union sont supérieures à la valeur de tout le produit intérieur brut du Canada. En 2013, les importations de l’Union européenne ont ainsi totalisé plus de 1 600 milliards d’euros, alors que l’économie canadienne générait une activité de 1 300 milliards d’euros.4

Au Canada, cet accord est vu favorablement.

Au Canada, le libre-échange, d’abord canado-américain, puis nord-américain, a représenté une expérience positive et profitable. Ce partenariat avec l’Europe s’inscrit donc pour nous dans une certaine culture d’ouverture des marchés, même si les voix, comme en toutes choses, ne sont pas unanimes.

De façon générale, le Canada se trouve aujourd’hui dans une bonne situation économique. Il a été le premier pays du G-7 à récupérer les emplois perdus suite à la crise de 2008.

L’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, qui est maintenant patron de la Banque d’Angleterre, avait fait une analyse très intéressante de la manière dont le Canada avait vécu et surmonté cette crise.

Dans une conférence prononcée à Montréal en mai 2013, il avait pointé différents facteurs qui  avaient constitué une sorte de parapluie pour le Canada. Il citait notamment5 :

  • Des politiques budgétaires responsables, qui laissaient aux gouvernements une marge de manœuvre pour appuyer l’économie;
  • Une union économique efficace; à cet effet, il observait que le commerce entre les provinces canadiennes avait augmenté sur la période 2007-2011, ce qui avait en partie compensé la baisse des exportations, conséquence de la crise;
  • M. Carney évoquait aussi le mécanisme canadien de répartition de la richesse, la péréquation, qui a permis d’amoindrir le choc pour les régions plus éprouvées;
  • Et il mentionnait la solidité du système financier canadien qui a résisté à la crise presque sans coup férir.

Ces avantages structurels qui ont relativement bien protégé le Canada demeurent aujourd’hui des atouts précieux, pour nous, mais aussi pour les investisseurs de l’extérieur.

Au cours de la dernière année, le Canada a regagné l’équilibre budgétaire et même annoncé certains allégements fiscaux.

Mais il importe de voir que le Canada n’est pas monolithique.  Nos amis français désireux d’investir chez nous, doivent savoir que d’une province à l’autre, l’environnement économique peut varier autant que d’un pays à un autre au sein de l’Union européenne.

Une illustration de cette économie canadienne aux multiples facettes nous a été donnée avec la chute des prix du pétrole.6

Elle est source d’inquiétude pour les provinces productrices de pétrole, l’Alberta, la Saskatchewan, Terre-Neuve.

Mais elle est rafraîchissante pour le Québec et l’Ontario. C’est là que se concentre l’industrie manufacturière. Or, la baisse du prix du pétrole a pour corollaire un fléchissement de la valeur du dollar canadien. Et pour notre secteur de la fabrication, l’accès au marché américain s’en trouve facilité.

Par le dynamisme de son marché du travail, l’accès à l’éducation et un système de santé public, le Canada demeure un des pays où la « mobilité sociale » est la plus grande. C’est ainsi qu’on appelle la possibilité pour un citoyen de voir ses revenus s’élever pour se hisser socialement. Cela fait dire à plusieurs que le rêve américain est plutôt un rêve canadien.

Néanmoins, la pauvreté est présente chez nous. Près de 14 % de la population est en situation de faible revenu.7

Cela explique que plusieurs mesures sociales, plus nombreuses au Québec, visent spécifiquement l’égalité des chances et l’appui aux jeunes familles.

Dans l’ensemble canadien, le Québec se distingue ainsi par sa conception de la vie en société. Le Québec est certainement l’État le plus européen d’Amérique. Les études universitaires, par exemple, sont beaucoup moins chères qu’ailleurs au Canada. Et des mesures sociales comme une assurance médicaments et des garderies subventionnées n’ont pas d’équivalent dans les autres provinces.

Et si le Québec ne produit pas de pétrole, il regorge néanmoins de ressources. C’est le quatrième producteur d’aluminium du monde, 95 % de son électricité est de source hydroélectrique et notre sous-sol est riche. Le Plan Nord continue de se déployer et si le cours des ressources affecte aussi le secteur minier, c’est le temps de se positionner pour le prochain cycle de croissance. Les perspectives à long terme demeurent favorables pour les ressources minières.

***

Le Canada est donc une mosaïque économique et sociale complexe. Et si le résultat d’ensemble est positif, le pays fait quand même face à des défis.

Et dans ce grand ensemble, Montréal est unique et j’irai jusqu’à dire que le Grand Montréal m’apparaît comme l’une des métropoles étoiles du XXIe siècle en Amérique du Nord.

Montréal se distingue par sa très grande diversification économique. Métropole universitaire, métropole de technologie, métropole culturelle, place financière, elle a de multiples assises. Cette diversification de son économie explique qu’elle est parmi les métropoles qui ont le mieux résisté à la crise.

Montréal, 2e ville du Canada, est une métropole exceptionnellement multiculturelle. Londres ou Paris accueillent surtout une immigration en provenance des pays des anciens empires, tandis que Montréal puise à toutes ces sources puisque l’histoire du Québec nous a liés tour à tour au lys et à la rose. Puis, successivement, chaque guerre, chaque conflit a déversé sur Montréal des milliers de citoyens en quête de sécurité. Ils sont venus du Vietnam, du Liban, du Cambodge, et plus récemment des anciennes républiques soviétiques. Et toujours, nous accueillons avec joie des Européens de partout.

À Montréal, qui compte plus d’une centaine de communautés culturelles, on parle ainsi surtout français avec d’innombrables accents. Dont l’accent français bien sûr. Il y a plus de 100 0008 Français à Montréal et il s’en rajoute quelques milliers chaque année.

Cette diversité extraordinaire est un atout fondamental du Grand Montréal.

Montréal a aujourd’hui un avenir prometteur.

Mais on n’en aurait pas dit autant il y a trois ans. Notre métropole se relève. Elle vit un renouveau.

Montréal a en effet vécu des années difficiles de crise institutionnelle et de controverses éthiques qui ont affecté son humeur.

Paradoxalement, ces tourments ont mis en lumière la nécessité pour le Québec d’avoir une métropole forte et Montréal a été l’objet d’un ralliement.

Notre métropole s’est donné un nouveau maire, Denis Coderre, qui a l’envergure de la fonction. Pour certains, il est le premier maire incontournable que Montréal ait eu en 30 ans, depuis le légendaire Jean Drapeau.

M. Coderre sera d’ailleurs à Paris lundi qui vient. Il rendra notamment la politesse au président de la République qu’il verra à l’Élysée. Monsieur Hollande avait en effet rencontré le maire de Montréal lors de sa récente visite au pays. Il devenait ainsi le premier président français reçu à l’hôtel de Ville de Montréal depuis Charles de Gaulle, en 1967… une visite qui est passée à l’Histoire.  

Montréal vit donc un changement d’atmosphère positif et nous pouvons dire, chez BMO Groupe financier, que nous y avons contribué.

Il y a un an, nous avons publié une étude réalisée par le Boston Consulting Group analysant les relances réussies de 7 métropoles du monde qui avaient vécu une mauvaise passe. Cette étude montrait que Montréal avait, sur papier, autant sinon plus d’atouts, que des villes comme Boston, Manchester ou Melbourne. Mais elle révélait qu’il manquait un ingrédient de succès.  

C’était la mobilisation de la communauté. Le premier levier de la relance dans toutes les métropoles étudiées.

Ce constat a résonné. Dans les mois qui ont suivi, un mouvement citoyen s’est formé sous le thème JevoisMTL. Ce mouvement a culminé dans un rassemblement de près de 2 000 personnes en novembre dernier lors duquel 200 projets d’initiative citoyenne ont été lancés.

Parallèlement, de grands projets sont sur le point d’être achevés ou lancés. Montréal aura bientôt 3 nouveaux hôpitaux universitaires; en 2018 un nouveau pont remplacera le vieux pont Champlain au-dessus du St-Laurent. C’est le pont le plus achalandé au Canada. La ville connaît par ailleurs une effervescence de construction. Le ciel de Montréal n’a jamais compté autant de grues depuis les années 70.

Ce retournement de situation est de très bon augure, à 2 ans du 375e anniversaire de Montréal.

C’est comme si les Québécois eux-mêmes avaient redécouvert leur métropole.

L’une des meilleures villes universitaires du monde. La seule avec Hong-Kong à avoir deux universités de langue différente dans le top 100 mondial, l’Université de Montréal et l’Université McGill.

Une ville de haute technologie. Dison seulement que 5 des 10 jeux vidéo les plus vendus au monde sont conçus à Montréal et que CGI, que vous connaissez bien à Paris, y a son siège social.

Montréal, c’est aussi le 3e pôle aérospatial du monde après Seattle et Toulouse.

Montréal est une ville internationale; l’une des 8 villes au monde à abriter des institutions de l’ONU. Je pense à l’OACI, l’Organisation de l’aviation civile internationale. En fait, Montréal est LA ville du monde de l’aviation civile avec 10 organisations internationales de ce domaine.

Montréal accueille d’ailleurs 62 organisation internationales, deux fois plus que Toronto (34), quatre fois plus que Vancouver (14).

Montréal est une extraordinaire métropole culturelle. Son Quartier des spectacles présente la plus forte concentration de lieux de diffusion des arts de la scène en Amérique du Nord. Et si elle est devenue si connue pour ses nombreux festivals, c’est aussi parce qu’elle est assez sûre pour qu’on y fasse la fête sans crainte pour sa sécurité.

***

Montréal est dans le coup et nos amis français y sont pour quelque chose.

Il y a plus de 400 filiales de sociétés françaises implantées au Québec et les trois quarts sont à Montréal. Elles ont pour nom L’Oréal, Alstom, Sanofi-Aventis, Essilor, Mecachrome, Air liquide. On les trouve dans tous les domaines. Je parlais de jeu vidéo, il y a un instant. Le plus grand acteur de l’industrie québécoise du jeu vidéo, c’est la française Ubisoft, qui compte quelque 3000 employés à Montréal. Quel beau partenariat.

Je vous en citre un autre. Dans le domaine industriel. Il y a un an, Rio Tinto Alcan a inauguré au Saguenay une aluminerie reposant sur une technologie appelée AP60. C’est la technologie la plus moderne au monde. Elle a été développée en France et mise en œuvre chez nous grâce au savoir-faire québécois et à l’énergie hydroélectrique du Québec.

Pour beaucoup d’entreprises françaises, Montréal a représenté leur porte d’entrée en Amérique du Nord. La langue facilite les choses, bien sûr, mais aussi le système juridique. Notre code civil descend tout droit du code napoléonien, alors qu’ailleurs au Canada et aux États-Unis, le droit est inspiré du Common Law britannique.

Montréal est connectée sur les grands marchés du Canada et des États-Unis. Les coûts d’exploitation d’une entreprise y sont les plus bas parmi les 20 plus grandes villes d’Amérique du Nord. La main-d’œuvre est réputée pour l’excellence de sa formation et elle est majoritairement bilingue et même multilingue; 20 % de la population est polyglotte, parlant au moins 3 langues. En d’autres mots : nous vivons la mondialisation dans la langue de nos clients.

Comme banquier, par ailleurs, je suis heureux de constater que Montréal s’affirme comme place financière.

Montréal concentre 3 000 entreprises dans le domaine de la finance avec plus de 150 000 emplois. Et le secteur est bouillonnant accueillant chaque année quelque 2 000 nouveaux diplômés.9

Ce secteur s’appuie sur plusieurs domaines d’excellence : caisses de retraite, produits dérivés, capital d’investissement, assurance, investissement responsable. Cet écosystème financier digne des grandes métropoles est regroupé au sein d’un cluster, chez nous, on dit une grappe, appelé Finance Montréal qui travaille au développement stratégique de notre place financière.

Cette communauté financière établit notamment comme priorités10 :

  • D’accroître l’investissement dans les domaines technologiques;
  • De développer le créneau des caisses de retraite, Montréal en compte déjà 200;
  • De travailler à l’essor des produits dérivés.

Avec ces efforts, Montréal a effectué une remarquable progression parmi les meilleures places financières du monde. Au palmarès du Global Financial Centres Index, Montréal a gravi une dizaine d’échelons en 7 ans et se trouve maintenant au 16e rang mondial, juste derrière Chicago, juste devant Vancouver et devant des métropoles réputées pour leur dynamisme comme Shanghai, Calgary ou Dubai.11

***

Sous ces différents aspects, Montréal semble donc en train de se donner un bel élan. Mais si le ciel s’est éclairci, Montréal a encore du chemin à faire pour rejoindre les autres grandes villes canadiennes en termes de croissance économique, de croissance des revenus et de croissance de l’emploi.

Mais le vent souffle du bon bord. C’est réjouissant parce que nous sommes entrés dans ce que je me plais à appeler le siècle des métropoles.

Dans le monde d’aujourd’hui en effet, ce ne sont plus vraiment les États qui se font concurrence, parce que les marchés sont de plus en plus ouverts et que les capitaux comme les citoyens sont mobiles comme jamais.

Ce sont les métropoles qui sont face à face. Ce sont elles qui concentrent les universités, les entreprises, les institutions pour attirer les talents de partout et forger la prospérité des sociétés.

Ce réveil de Montréal survient donc au bon moment. Et dans cette collection d’éléments favorables, le changement le plus porteur me semble cet engagement nouveau des citoyens.

Au Canada, mais encore davantage au Québec, les gouvernements jouent un rôle actif dans la vie économique et sociale. Si ce rôle de l’État est bienvenu et nécessaire, il a pu avoir comme effet secondaire de parfois placer les citoyens dans une situation d’attente. Comme si la solution allait venir d’en-haut.

Or, l’idée qui semble vouloir prendre place est que l’engagement de l’État ne doit pas signifier un désengagement des citoyens. C’est l’idée que nous sommes tous porteurs, chacun à notre manière, d’une partie du succès de notre métropole. C’est dans notre capacité d’entreprendre, chacun à notre façon, de s’entraider, de s’investir que nous allons bâtir une société plus prospère.

Montréal représente aujourd’hui à mon sens un des plus beaux projets en devenir en Amérique du Nord et le resserrement annoncé de nos relations avec l’Europe va contribuer à faire briller notre métropole sur la carte du monde.

L’invitation vous est lancée.

Montréal est un formidable projet qui peut se nourrir de son amitié avec la France. Cette métropole diversifiée, cette effervescence culturelle, ce maillage entre universités et entreprises, cette soif d’avenir, c’est aussi pour vous.

Venez-nous voir, venez frapper à la porte de Montréal international et commencez chez nous votre conquête de l’Amérique. Une fois passé le choc du premier hiver, vous verrez, tout se passe très bien.

Merci de votre accueil, longue vie à la belle amitié France-Québec et faisons ensemble un monde de liberté et d’ouverture.

_______

1 Source : http://www.geneanet.org/genealogie/fr/menard.html

2 Source : http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2014/11/03/003-francois-hollande-ottawa-parlement-harper-quebec-couillard.shtml

3 Discours de François Hollande à l’Assemblée nationale du Québec, le 4 novembre 2014 : http://www.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-18649.html

4 Source : http://international.gc.ca/trade-agreements-accords-commerciaux/agr-acc/ceta-aecg/understanding-comprendre/overview-apercu.aspx?lang=fra
Citation exacte : Les importations annuelles de l’UE dépassent en valeur le produit intérieur brut (PIB) total du Canada (en 2013, les importations de l’UE se sont chiffrées à plus de 2,3 billions de dollars, alors que le PIB du Canada était de 1,9 billion de dollars).

5 Discours Mark Carney, Gouverneur de la Banque du Canada, Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Montréal, 21 mai 2013.

6 Source : http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/alain-dubuc/201412/09/01-4826741-le-malheur-des-uns.php

7 http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201412/10/01-4827021-pres-de-15-des-menages-canadiens-vivent-sous-le-seuil-de-pauvrete.php

8 Source : discours de François Hollande à l’Assemblée nationale du Québec.

9 Source : Finance Montréal http://www.finance-montreal.com/node/497

10 Source : BCG

11 Source : http://www.longfinance.net/images/GFCI15_15March2014.pdf

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