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Protéger les joyaux de la Couronne polonaise en période d’incertitude

Croissance et stratégie

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Extérieur de la succursale principale d’Ottawa, où le trésor a été conservé pendant 14 ans

Un voyage du château de Wawel à la chambre forte de BMO  

En période de guerre et d’incertitude, un acte d’intendance discret s’est déroulé au cœur du Canada et a lié la Banque de Montréal à un héritage séculaire d’histoire, d’art et de résilience polonaise. Un héritage qui sera exploré de nouveau, avec l’aide du Service des archives de BMO, dans un prochain documentaire produit par certaines des institutions culturelles et universitaires les plus importantes de la Pologne : la Bibliothèque nationale de Pologne, l’institut Fryderyk Chopin et la télévision polonaise.  

Mais d’abord… une leçon d’histoire sur le trésor de Pologne 

Lorsque les forces nazies ont envahi la Pologne en 1939, une collection inestimable de trésors culturels sortait du pays pour en assurer la conservation grâce aux efforts de quelques personnes courageuses. Connue sous le nom de « trésor de Pologne », la collection comprenait des insignes royaux, des manuscrits sacrés, des objets culturels et des chefs-d’œuvre artistiques. Ils ont d’abord été transférés de la Pologne à Paris, puis à Londres, en Angleterre, après l’invasion de Paris. Enfin, ils ont été expédiés de l’autre côté de l’océan Atlantique, au Canada, afin d’éviter les raids aériens au Royaume-Uni et la menace d’invasion par l’Allemagne. 

Ses gardiens étaient le Dr Stanislaw Swierz-Zaleski, curateur en chef du château de Wawel, où le trésor était conservé à l’origine en Pologne, et Josef Polkowski, un ingénieur dévoué qui allait passer 21 ans à le protéger.  

 

 

Avec l’aide de Waclaw Babinski, ministre de Pologne au Canada, des dispositions ont été prises pour déposer deux grandes malles à leurs noms à la succursale principale d’Ottawa de la Banque de Montréal le 2 mars 1945. D’autres malles ont été envoyées à d’autres endroits au Canada aux fins de conservation. Elles étaient déposées comme des effets personnels, mais en réalité, elles contenaient certains des objets les plus précieux de la Pologne, notamment :  

  • Le Szczerbiec, l’épée de cérémonie utilisée lors des couronnements de la plupart des rois de Pologne, de 1320 à 1764; 
  • L’épée et le sceptre du roi Stanislaw Augustus Poniatowski; 
  • Le livre de prières de la reine Bona, qui a régné de 1518 à 1548; 
  • Une Bible de Gutenburg en deux volumes, qui est reconnue comme le premier livre important imprimé en Europe avec des caractères mobiles;  
  • Un psautier du XIIe siècle du séminaire Pelplin; 
  • Un gobelet en or, émaillé et incrusté de pierres précieuses; 
  • Vingt manuscrits originaux du compositeur polonais Fryderyk Chopin, dont plusieurs œuvres intitulées « Polonaise ».  

Préservation, politique bancaire et diplomatie  

Au milieu des années 50, des préoccupations liées à la détérioration ont poussé les gens à renouveler les efforts pour retourner le trésor en Pologne. Des complexités juridiques et diplomatiques sont apparues quand BMO a fermement maintenu sa politique selon laquelle la signature des deux déposants était requise pour relâcher les objets. Vu le décès de M. Zaleski et le refus de M. Polkowski, les négociations se sont étirées jusqu’en 1958, lorsque le gouvernement polonais a accepté d’indemniser la Banque de toute perte ou de tout dommage. 

Juste avant Noël cette année-là, les malles ont été ouvertes, photographiées et documentées, et des copies des manuscrits de Chopin ont été faites en cas de catastrophe pendant le transport. BMO a libéré les malles en janvier 1959 et, dans le plus grand secret, le trésor a été transporté à New York, puis expédié de l’autre côté de l’océan à Varsovie, où il est arrivé en toute sécurité le 3 février. 

De la chambre forte au film : Le Service des archives de BMO en action 

Aujourd’hui, cette histoire remarquable est relancée par un documentaire actuellement en production. Il racontera, en partie, comment l’attention et la responsabilité d’institutions comme BMO ont aidé le trésor culturel à survivre à la guerre et aux conflits politiques et, au bout du compte, à retourner en Pologne. L’équipe du Service des archives de BMO soutient activement le réalisateur en lui fournissant des dossiers, de la correspondance et des inventaires historiques des années 50 qui décrivent en détail le rôle de BMO dans la protection du trésor. 

Avec des installations au Canada et aux États-Unis, notre Service des archives préserve l’histoire de la Banque, raconte l’histoire de l’évolution de BMO dans les collectivités et en matière de services bancaires et de technologie, et alimente le site et le musée de l’histoire de BMO. Il sert également de répertoire central pour les dossiers juridiques permanents et les documents confidentiels, en veillant à ce que des histoires comme celle de la protection du trésor polonais soient non seulement commémorées, mais aussi communiquées aux nouvelles générations. 

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