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Discours

« La productivité, c’est pas chinois, mais… »

La présentation de Monsieur L. Jacques Ménard, O.C., O.Q., Président du conseil de BMO Nesbitt Burns et Président de BMO Groupe financier, Québec, devant le Cercle canadien de Montréal
 

Montréal, QC, le 28 février 2011
 

(À vérifier au moment de l’allocution)

Merci Madeleine (Madeleine Chenette – présidente du Cercle et présidente du conseil de Sécor).

Mesdames, messieurs,

Merci à vous tous d’être ici ce midi et merci au Cercle canadien pour son aimable invitation. Au cours du dernier mois, des conférenciers œuvrant dans des secteurs forts différents, technologie, santé et finance, ont tous reconnu, ici au Cercle canadien, l’importance d’innover et de se responsabiliser pour rehausser la performance économique du Québec et assurer la prospérité durable de notre société.

À mon retour de Chine, juste avant les Fêtes, j’ai participé à un colloque organisé, lors d’un weekend, par un groupe de 400 jeunes de 25 à 35 ans qui s’appelle Génération d’idées, et dont les trois co-fondateurs avaient d’ailleurs pris la parole devant le Cercle canadien en janvier de l’an dernier.

Plein d’idées sont sorties de cette rencontre. Ce midi, je veux moi aussi, vous parler de productivité, mais vue en grande partie à travers le regard des jeunes.

En 2030, où en sera le Québec et qu’aurons-nous laissé en héritage aux générations qui viennent ? C’est une question qui me préoccupe, notamment eu égard à notre productivité et notre capacité concurrentielle à l’échelle internationale.

Le Québec de 2030

Quand les jeunes parlent de productivité, ils ont le regard tourné vers leur proche avenir.

Vers …

  • Un Québec performant au plan économique.
  • Un Québec dont le taux de diplomation universitaire, particulièrement à Montréal et à Québec, s’approche de ceux des grandes villes américaines les plus performantes.
  • Un Québec où la presque totalité des jeunes obtiennent leur diplôme d’études secondaires avant l’âge de 20 ans.
  • Un Québec où le taux d’analphabétisme fonctionnel a été réduit de moitié pour se situer sous la barre des 20 % de la population.
  • Un Québec qui, tout en valorisant mieux ses ressources naturelles, est devenu un des grands leaders en Amérique du Nord dans le développement des technologies reliées au développement durable, les sciences de l’environnement comptant désormais parmi nos points forts.
  • Et, par-dessus tout, un Québec reconnu mondialement pour sa capacité d’innover autant au plan social qu’économique.

Pour concrétiser leur vision, ils parlent bien sûr d’un Québec dont le taux de productivité se classe parmi les meilleurs en Amérique du Nord. Ces jeunes ne sont pas des rêveurs et pour eux, la productivité est loin d’être un épouvantail.

Ils ont dépassé cette vieille image qui mettait côte à côte des concepts comme travailler plus fort, plus d’heures, plus de sueur. Ils ont compris que la productivité, c’est travailler de façon mieux organisée, plus intelligemment, avec de meilleurs outils. Ce qui se traduit par un mot : innover.

Ces jeunes voyagent. Ils vont voir comment ça se passe ailleurs. Ils constatent que le monde change à la vitesse grand « V ». Ils mesurent l’écart qui nous sépare des leaders. Ils trouvent qu’on ne change pas assez vite pour concurrencer les sociétés les plus dynamiques, et ils ont pleinement raison.

Le Québec en marche

C’est sûr que nous posons des gestes. Nous n’attendons pas béatement que la richesse continue à nous tomber dessus comme la neige cet hiver. Par exemple, en éducation, on travaille de plus en plus sur le soutien à la persévérance scolaire.

Dans le domaine des soins de santé, malgré tout, on progresse. Beaucoup reste à faire, on le sait tous. Dans l’administration publique, on s’attaque plus efficacement à la bureaucratie. On poursuit le redressement des finances publiques malgré la période difficile que nous traversons.

Bref, le Québec est en marche.

Le problème, c’est qu’au lieu d’être en marche, il faudrait nous mettre à courir !
Loin de moi l’idée de minimiser nos récents progrès, au contraire. Cependant, dans une foule de domaines, il faut faire mieux, faire plus, faire différemment et surtout … faire plus rapidement.

Où en sommes-nous ?

Où en sommes-nous exactement ? Un indicateur qui ne trompe pas, notre capacité de générer de la richesse. Le Québec accuse un retard important à cet égard en regard de ses voisins.

De quel ordre ? Un écart négatif de 8 400 $ par habitant, par année, par rapport au reste du Canada, selon des données 2010 du Task Force on Competitiveness, Productivity and Economic Progress du Rothman School à l’Université de Toronto.

En utilisant les mesures habituelles de la productivité, le Canada occupe le 17e rang des pays de l’OCDE (2007). C’est-à-dire moins bon qu’à peu près tous les pays européens, les pays scandinaves et les États-Unis.

Comparée aux États-Unis, la productivité canadienne équivaut à 75 % de la productivité américaine. Au début des années 80, nous en étions à environ 90 %. Donc, nous régressons.

Selon mon collègue Kevin Lynch de BMO, ex greffier du Conseil privé, l’écart qui pénalise notre secteur des affaires coûte aux Canadiens, annuellement, 300 milliards $ en revenus perdus, en emplois perdus, en profits et en taxes. Toutes proportions gardées, on parle d’environ 65 à 70 milliards $ pour le Québec seulement.

Kevin Lynch and others have conducted extensive research into the state of Canada’s poor productivity and innovation performance, and they point to a number of factors.

Beyond the fact that competition is not as robust in Canada relative to other OECD countries and that our small and medium size enterprises are relatively smaller that in the U.S, three other factors also impact negatively on our country's productivity performance.

And here, I quote Kevin Lynch:

i. “Innovation and productivity show positive long term correlations, with Canada ranking 15th among OECD countries in business sector spending on research and development (R&D). Canadian business spending on R&D is only 1% of GDP, well below the OECD average of 1.6% of GDP, and half that of the U.S., and one third that of countries like Sweden, Korea, and Holland.

ii. Information and communications technologies (ICT) are strongly correlated with productivity growth. And, Canadian business invests significantly less in information and communications technologies than many OECD countries per employee, and only 50% of the U.S. There are particularly large ICT per worker gaps in the service sector, which accounts for 70% of Canada GDP and almost 80% of U.S. GDP.

iii. Leading edge machinery and equipment (M&E) typically increases worker productivity, particularly when combined with training. And, Canadian business invests significantly less M&E per worker than the U.S. and many other OECD countries.” End quote.

Je vous rappelle que le Québec est en deçà de la moyenne canadienne dans tous ces facteurs de productivité.

Quant à Mark Carney de la Banque du Canada, depuis 2005 la productivité de notre main-d’œuvre a augmenté à un rythme annuel moyen de seulement 0,5 % contrairement à 2,1 % aux Etats-Unis.

Je sais que tout n’est pas rose au pays de l’Oncle Sam. Une partie de la croissance de leur productivité est due aux nombreuses mises à pied qu’ils ont effectuées au cours de la crise. Le risque est élevé qu’ils en paient longtemps le prix. Mais, l’écart demeure très élevé. C’est préoccupant.

Le Québec vit une situation similaire, accentuée par un taux d’entrepreneurship beaucoup plus faible qu’ailleurs au pays et un vieillissement de la population plus accéléré dont l’impact commence à peine à se faire sentir.

D’autres raisons expliquent notre retard de productivité, au Québec. Voici quelques-unes de ces raisons.

Le Québec n’utilise pas sa main-d’œuvre disponible de façon maximale. Notamment, notre taux de participation au marché du travail est bas. Nous travaillons moins d’heures, de jours et d’années. Nous prenons notre retraite plus jeune.

Un autre facteur important, l’organisation de nos grappes industrielles. Des progrès peuvent être réalisés dans l’efficacité du fonctionnement des entreprises inter-reliées au sein de ces grappes, à l’instar de ce qu’on observe chez Aéro Montréal.

En effet, la grappe aérospatiale du Québec est très active et innovante, en réunissant des maîtres d’œuvres de calibre international, des équipementiers dont la réputation n’est plus à faire, des sous-traitants et des fournisseurs de premier plan, des établissements d’enseignements prestigieux et uniques, comme la Polytechnique et l’ETS, qui forment un bassin de main d’œuvre qualifiée et hautement compétitive, et des centres de recherches de renom ainsi que des sièges sociaux d’organisations internationales.

Nous avons avantage à imiter Aéro Montréal afin d’obtenir de meilleures synergies entre nos entreprises qui oeuvrent dans un secteur particulier, au profit du développement du secteur dans son ensemble.

La création récente de la grappe Finance Montréal, sous le leadership du ministre Raymond Bachand, m’apparaît d’ailleurs porteuse à cet égard.

Finance Montréal aura principalement pour mission de stimuler la création et le développement des entreprises financières de Montréal et du Québec, en identifiant et en appuyant des initiatives prometteuses et innovatrices dont tout le secteur financier pourra bénéficier.

Par ailleurs, l’investissement en capital est faible au Québec, du moins comparé à la situation qui prévaut chez nos voisins américains, canadiens et ontariens.

Je parle des investissements en machinerie, en équipements et en logiciels. C’est d’autant plus important que ces derniers ont un impact structurant sur les processus d’affaires et les relations avec les clients.

La faiblesse du dollar canadien n’est plus un avantage concurrentiel pour nos entreprises, pourtant nos comportements n’ont pas beaucoup changé chez nos PME.

Il est enfin temps de tirer profit de la force du dollar canadien pour se procurer de l’équipement, de la machinerie et des logiciels de pointe et de nous ajuster à la nouvelle réalité d’une monnaie très forte.

Qui plus est, les institutions financières d’ici ont un important rôle à jouer à cet égard en appuyant les projets d’investissements porteurs qui contribuer à renforcer notre économie, particulièrement ceux de nos PME.

Je ne peux parler de productivité sans m’arrêter un instant sur le secteur public qu’on oublie trop souvent en cette matière. Pourtant, les employés de l’État, au sens le plus large, représentent une portion importante de la main-d’œuvre québécoise.

Environ 450 000 membres dans le Front commun, plus les quelque 150 000 employés dans les municipalités et ceux et celles des multiples régies, agences, etc. et vous avez une partie importante de l’économie du Québec.

Là aussi, parler de faire les choses de façon plus productive vous assure généralement une levée de boucliers. Le statu quo a été propulsé au rang de trésor national. Il est temps que nos partenaires du milieu syndical, tout en respectant leur mission de base, contribuent d’avantage aux réformes qui nous attendent dans l’administration publique, dans nos écoles, universités et secteur de la santé. On y arrivera pas sans leurs idées et leurs expériences.

Que ce soit dans une école, dans un hôpital ou dans n’importe quel service d’État. Les droits acquis ralentissent et même trop souvent bloquent tout changement. C’est un risque que nous ne pouvons plus nous payer. L’élève, le malade ou le demandeur d’un quelconque permis n’est pas un accessoire dans le système. C’est le cœur du service public et ils méritent mieux.

J’abonde entièrement dans le sens du docteur Arthur Porter qui est venu parler récemment, à cette tribune, de son approche patient au sein du futur CUSM.

Bien sûr, changer tout ça va prendre une sérieuse dose de volonté politique, d’engagement civique des partenaires et d’accompagnement de la population. Sommes-nous prêts à soutenir ces grands changements ? Je l’espère bien….

Je peux vous dire que les jeunes que je rencontre sont prêts à le faire, eux. Dans le secteur public, comme ailleurs, ça va prendre de l’innovation, des incitatifs et une prise réelle de responsabilité.

J’ai gardé le dernier facteur pour la fin, même si, à mon avis, c’est le plus important. Je veux parler de l’éducation.

Nous serions, paraît-il, les champions du raccrochage scolaire. Mais, il n’en demeure pas moins qu’à peine 70 pour cent des jeunes qui débutent le secondaire le termineront au cours de la période prescrite.

Pour l’instant, cet abandon des études en cascades, c'est-à-dire au secondaire, au collégial et à l’université, se répercute forcément sur nos taux de diplomation universitaire.

Quelques chiffres s’imposent pour avoir une bonne compréhension de l’écart que nous accusons. 22 % de diplômés universitaires, au Québec ; 28 % en Ontario et 31 % aux États-Unis. Chez les dirigeants, 37 % de diplômés universitaires au Québec ; 41 % en Ontario et 55 % aux États-Unis1.

Pourtant, la corrélation entre le revenu moyen d’une communauté et son taux de diplomation universitaire n’est plus à démontrer. Tout comme l’incidence de la capacité d’innover sur le revenu moyen par habitant. L’incidence de pauvreté et de détresse encore beaucoup trop grande chez nous, serait également réduite si notre population était mieux instruite et alphabétisée. Ca aussi, les jeunes le reconnaissent car ils auront besoin de voir presque toute leur génération au travail s’ils espèrent maintenir notre niveau de vie actuel.

Pas chinois, mais…

C’est là donc où nous en sommes. Qu’est-ce qu’on fait si nous voulons être dans la course en 2030 en compagnie des pays les plus performants ? Bien sûr, améliorer notre productivité. Et je m’empresse d’ajouter que « la productivité, c’est pas chinois, mais… » Vous avez compris, tout tient dans le « mais »… et dans la suite des choses.

Je demeure cependant convaincu qu’une société éduquée peut se prendre en main. C’est la première condition.

Je suis donc d’accord avec les jeunes de Génération d’idées, de la Jeune Chambre de Commerce et d’autres groupes, pour accorder une grande importance à l’éducation qui constitue la pierre angulaire, la planche de salut du Québec de demain. C’est l’éducation qui a permis l’édification de nos acquis actuels.

C’est aussi l’éducation qui nous donnera le second souffle dont nous avons besoin pour accéder au cercle restreint des grands leaders.

Par ailleurs, vous savez comme moi que dans la vie on ne peut habituellement améliorer ce qu’on ne mesure pas. Pourquoi donc ne pas mettre au point un tableau de bord conçu pour être compris et intéressant pour le plus grand nombre ? Des indices diffusés régulièrement qui permettraient aux Québécois de prendre conscience des écarts qui nous séparent de nos concurrents.

Une espèce de bulletin national, mis à jour régulièrement avec des données reliées à la situation des finances publiques, notre performance économique et sociale, notre taux de réussite académique, participation à l’emploi, activités en R&D et plusieurs indicateurs de mieux-être socio-économiques.

Afin de contribuer au désir des Québécois d’accroitre leurs connaissances sur les questions touchant l’économie et les finances, il est cependant nécessaire d’évaluer dans un premier temps le niveau de connaissance.

C’est la raison pour laquelle le CIRANO a lancé en octobre 2010 l’enquête « Les Québécois et les rouages de l’économie québécoise ». Les résultats du premier volet, réalisé par Claude Montmarquette et J. Engle Warnick, sont disponibles sur le site du CIRANO. Je vous invite à les consulter ; vous serez tout comme moi renversé par les résultats qui démontrent le très faible niveau de connaissances financières et économiques des Québécois.

Et pendant qu’on mesure enfin, pourquoi ne pas mettre sur pied, en matière de développement industriel un Conseil Québécois de la Productivité et de l’Innovation qui aurait pour mandat de recueillir, de diffuser et d’expliquer les meilleures pratiques à travers le monde, sur une base sectorielle, industrie par industrie.

Pas des grandes études macros qui ne servent que les chercheurs. Une information utile aux entrepreneurs, dans leur planification et dans leur quotidien. Des « benchmarks ». Des pratiques innovantes. Des comparaisons. Un mécanisme de vigie des meilleurs pays dans le monde dans les industries clés où on évolue actuellement chez nous ou dans celles qu’on voit comme étant porteuse pour le Québec de demain.

Au Québec, on recourt trop lentement aux technologies de l’information bien que nous ayons édifié un secteur très concurrentiel dans ce domaine. Des leaders mondiaux sont Québécois. Nous exportons allègrement notre savoir-faire, mais nous ne l’utilisons pas suffisamment chez nous, dans nos entreprises, en particulier dans les PME.

En conséquence, il va falloir donner un grand coup dans l’aide au financement de l’innovation et des pratiques innovatrices pour améliorer notre productivité. Une approche planifiée de capital de risque « de premier départ » orientée vers le soutien des bonnes idées, dès leur éclosion.

Je sais, pas évident. Mais il va bien falloir le faire. On n’a pas le choix. Les structures actuelles de capital de risque ne sont pas conçues pour accomplir cette mission.

Les anges financiers se font encore très rares au Québec. Pourtant, au rythme ou les jeunes s’animent en affaire, c’est pas les occasions qui manquent. Charles Sirois a récemment lancé une initiative en ce sens mais d’autres devront l’imiter si on espère lever de terre dans ce secteur.

L’annonce, la semaine dernière, du gouvernement Charest, dans son discours inaugural, de bientôt rafraichir son programme « Défi entrepreneuriat jeunesse » devrait contribuer à cet objectif également.

Même chose dans le domaine de l’innovation sociale. Le vieillissement accéléré de notre population et son impact sur les finances publiques vont nous forcer à inventer des façons de livrer les services différemment, en particulier dans le domaine de la santé et des services sociaux qui accapare plus de 45 pour cent du budget de l’État québécois.

Notre système de livraison entièrement public de services est un frein à l’innovation alors que les budgets hospitaliers sont gérés en limitant l’accès aux soins plutôt qu’en améliorant la qualité des soins et l’expérience client, comme le soulignait si justement le Dr. Porter, dont je salue le courage des propos.

Il faut faire une place accrue à la prestation de services privés à meilleur coût et défrayée en totalité par l’État, comme le suggérait le Groupe de travail sur la pérennité des services de santé et de services sociaux que j’ai présidé en 2004-2005.

Par ailleurs, les jeunes de Fusion jeunesse, par exemple, inventent aussi de leur côté, grâce au soutien initial de l’Université Concordia et par la suite des principales universités du Québec. Grâce aussi à plusieurs autres partenaires financiers, ils contribuent de façon spectaculaire à soutenir les jeunes à risque dans leurs études secondaires. Parfois en bousculant les vieilles habitudes.

Des coûts très faibles, un engagement personnel poussé. Des résultats spectaculaires et durables. Ils se font parfois regarder de travers par certains enseignants et directeurs d’école. Mais, c’est ça innover ; c’est dérangeant au début. Plusieurs autres jeunes entrepreneurs sociaux se sont manifestés chez nous depuis cinq années et c’est encourageant.

À nous de les appuyer. Encore ici, j’en sais quelque chose, ce ne sont pas les occasions qui manquent…

À ce propos, notre propre génération a déjà connu ses meilleures années. Il va au moins falloir laisser le champ libre aux jeunes et ne pas alourdir leurs démarches en insistant lourdement sur nos droits acquis. Il faudrait éviter les traditionnels « voyons donc, ça ne se fait pas… ».

C’est Bill Gates qui disait que 80 % des innovations chez Microsoft étaient dues au moins de 30 ans. Après disait-il, mi-sérieux, mi-blagueur, on en sait trop pour risquer d’innover ! Je suis certain que les Steve Jobs, Larry Page, Sergey Brin et Mark Zuckerberg partagent également ce point de vue.

Notre rôle, les ainés, consiste notamment à contribuer à la formation des compétences, à la mise en disponibilité de nos ressources pour concrétiser leurs idées. Et surtout, à leur donner confiance en leurs moyens. Nous devons mettre le focus intensément sur le développement des talents, car ce sont eux qui tirent une société vers le haut.

Il faut renverser la tendance à niveler vers le bas et nous mettre à l’affût du talent pour le développer au maximum et célébrer son expression. Dans une société fondée sur la connaissance, comment réussir autrement ?

Bref, au fond, il faut changer nos habitudes, notre état d’esprit et, enfin, passer à l’action pendant que nous en sommes encore capables. En encourageant nos jeunes à sauter dans l’action. Et en les soutenant dans leurs démarches.

Le moindre de mes soucis, c’est de les voir en échapper quelques-unes, de temps en temps. Car l’échec est le propre d’une personne qui agit et qui essaie de voir grand. Les frileux ne font pas beaucoup d’erreurs. Ils n’avancent pas vite non plus.

En terminant, ce midi, j’aimerais vous laisser le message suivant.

Quand les jeunes parlent avec autant d’intensité de l’horizon 2030, ils nous parlent de demain. De leur avenir immédiat. La plupart d’entre eux seront alors dans la quarantaine.

Pensons-y bien. Le mois dernier, on entamait déjà la deuxième décennie du 21è siècle.

Il me semble que c’était hier qu’on sablait le champagne et qu’on regardait sur nos écrans de télé, les fêtes de l’an 2000, déferler à travers le monde.

Dix ans… Qu’est-ce qui a vraiment changé, chez nous, au cours de ces dix années ?

En terme relatif, bien peu de choses, n’est-ce pas ?

Et je vous le demande, à part de l’industrie du jeux vidéo et c’est très bien, dans quel secteur avons nous vraiment avancé vers le peloton de tête depuis 10 ans au Québec ?

Et pourtant, des bouleversements considérables ont modifié la face du monde au cours de la dernière décennie. Le rythme du changement risque de s’accélérer encore davantage ailleurs dans le monde. Le mouvement est parti.

Ça me semble très clair, au rythme où les nouvelles technologies sont assimilées et mises en application chez nos concurrents comme nous le rappelait ici récemment Charles Sirois, et où la croissance économique rapide devient l’apanage de nombreux pays de continents autres que l’Europe et l’Amérique du Nord.

Il me semble que l’urgence d’agir n’a jamais été aussi pressante pour nous, pour nos enfants et pour nos petits-enfants.

Nous devons donc modifier nos façons de faire, nos mentalités, en misant sur l’innovation et la responsabilisation citoyenne dans toutes les sphères d’activité ; les jeunes y croient, moi aussi et l’heure est propice à cela.

Nous en sommes capables et c’est aux forces vives de notre société, à vous qui êtes ici aujourd’hui et à vos associés, à agir dans vos milieux respectifs. Je vous en convie, bien humblement.

Pour tout dire, la productivité, vous savez, c’est pas chinois. C’est plutôt une façon de penser, d’agir et de vivre. Et sa bougie d’allumage, vous le savez bien, c’est le refus du statu quo. Convenons qu’il n’y a pas de meilleur moment, d’opportunité et d’endroit pour en faire la démonstration qu’ici chez nous au Québec.

Nos jeunes y sont déjà. À nous de faire équipe avec eux.

Merci de votre attention.
________________
1 (Selon Institute for Competitiveness & Prosperity Analysis on data from labour force survey and current population survey 2006-2009)

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